Transactionnez moins, parlez plus - Hercule Martin Manager

Hercule Martin Manager

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Transactionnez moins, parlez plus

Dans une de ses chroniques, Paul Fabra (Les Echos, 14/04) souligne que le primat donné aux transactions a réduit la part du relationnel et… de la morale. Sommes-nous tous, avec nos outils informatiques, des destructeurs de sens ?

Comment « gagner sa vie » ? Il y a deux méthodes : la première est de vivre en autarcie, la seconde est d’échanger avec les autres sa production. Il y a longtemps que nos ancêtres en sont passés à ce deuxième stade. Or, si nous voulons y trouver de l’intérêt dans le long terme, il est important que cet échange de biens se fasse sur une base d’égalité, j’entends par là de valeur reconnue des termes de l’échange. C’est le seul moyen que les partenaires s’y retrouvent. Cet échange est alors basé sur un mélange d’estimation, d’honneur (dans le sens éthique) et de transparence. Il y a ainsi encore des marchés (comme celui du diamant à Anvers) où les biens circulent de main en main sans trace écrite.

Toutefois la complexité croissante des échanges, tant en termes de biens que géographiques, a conduit à l’apparition de circuits sophistiqués (et aujourd’hui informatisés) où finalement la transaction supplante la relation. Lorsque j’étais étudiant, j’ai fait un stage à la bourse de Paris, à une époque où les agents de change se retrouvaient autour de la corbeille, où les actions étaient cotées en direct par des…coteurs. Fini tout cela : chacun reste chez soi (sous-entendu sans son bureau), entre ses données dans sa machine et la réponse lui parvient en temps réel. C’est beau le progrès, à condition que le logiciel…et le produit soient honnêtes. Or, lorsque les titres échangés contiennent de plus en plus de composants pourris, tout le monde spécule sur quelque chose qui n’a plus de sens et cela se termine par la crise financière que nous connaissons aujourd’hui : les banques ont peur des autres banques et plus personne ne se prête de l’argent. Bref, nous faisons des transactions, mais nous ne parlons plus.

Il en est de même dans nos relations au quotidien : quand nous nous contentons d’envoyer des mails et des SMS, nous perdons le contact avec autrui et chacun ne fait plus que de se protéger plutôt que de chercher à établir un échange avec autrui. C’est ainsi la mode des contrats « à l’américaine » de 50 pages où une société vous propose un outil de formation superbe, extraordinaire, magnifique… mais tout en se déchargeant des conséquences de son utilisation et des erreurs qu’il peut contenir. Il en résulte un climat de méfiance, chacune des parties passant plus de temps à mettre la responsabilité sur le dos de l’autre.

Pourtant, nous avons d’autres voies si nous le voulons bien. J’ai coaché dernièrement un manager qui me parlait de l’hostilité d’une autre division à son égard. De notre discussion, il en a conclu qu’il devrait peut-être appeler son homologue avant la prochaine réunion (ils sont sur deux sites différents). Il m’a raconté ensuite qu’il a été étonné de l’entretien avec cette personne, qui avait des zones de divergence, mais aussi des points communs et un intérêt à ce que leurs relations fonctionnent. Or, lorsqu’ils attendaient tous deux la réunion pour en parler, ils ne parlaient publiquement que de leur zone de divergence. Aujourd’hui, ils en sont au stade de vouloir déjeuner en tête-à-tête une fois par mois. Ils recréent ainsi une base de confiance qui leur permet d’avoir des relations en non plus seulement des transactions.

Faites donc une liste de vos cinq principaux interlocuteurs et allez les voir. Puis vous passerez aux cinq suivants. Vous y gagnerez deux choses : la première, c’est de mieux les apprécier. La deuxième, en « perdant » du temps à aller les voir, c’est paradoxalement d’en gagner : quand on se connaît mieux, on se comprend mieux et plus vite.

Trackbacks

Aucun trackback.

Pour faire un tracback sur ce billet : http://www.herculemartinmanager.com/tb.php?id=251

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire


OT4          1       
L 8    I    C7    LMI
FYT   BH6    4       
G 9    1     L    U11
RL9         TY3      

Actualités

Ce blog est une émanation de DALETT, conseil et formation en développement de l'employabilité.
Parmi nos savoir-faire :
. Mieux anticiper et prioriser
. Manager dans un contexte de transformation des organisations
. Gérer le stress de son équipe
. Faire appliquer ses décisions


Publication début septembre : "Favoriser le bon stress autour de vous" (Eyrolles, 19 €)

La vie en entreprise, et notamment celle en équipe (que vous en soyez le manager, le chef de projet ou un membre de celle-ci), est un lieu favorable à l'expression du stress. Les pressions de toutes sortes : délais, urgence, qualité, retard, pannes…vous mettent les nerfs à rude épreuve, quand ce ne sont pas vos collègues qui s'en chargent. C'est tout l'enjeu de ce livre : vous accompagner dans la démarche de réduire les facteurs de stress de votre équipe, et plus généralement de ceux qui vous entourent (dans la limite de vos passibilités, bien entendu).

Pour vous aider à répondre à ces besoins, le livre est articulé autour de quatre axes :
. Savoir reconnaître le stress et ses différentes formes d'expression
. Faire preuve d'exemplarité en gérant au mieux son propre stress
. Pratiquer un mode d'animation préventif des états de stress de votre entourage
. Animer cette prévention dans le temps et favoriser l'entretien de ce bon stress

Chaque chapitre comprend :
. des apports pour réussir cette étape ;
. des outils pour apprécier vos actions ;
. un ou des cas pratiques qui illustrent leur utilisation ;
. une synthèse ;
. des questions à vous poser pour vérifier l'acquisition de compétences.




Voulez-vous en savoir plus ?
Gérard Rodach
grodach@dalett.com

www.dalett.com

Les livres de
Gérard Rodach

Calendrier

« avril 2009 »
lunmarmerjeuvensamdim
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930